6 février : Tolérance zéro face aux mutilations sexuelles féminines

 
 
Infographie

A l’initiative des Nations Unies, la Journée internationale de tolérance zéro face aux mutilations sexuelles féminines a lieu le 6 février pour faire prendre conscience de cette pratique.  Et  rappeler que ce sont chaque année 3 millions de nouvelles jeunes filles qui sont victimes de mutilations sexuelles.

On estime qu’au moins 200 millions de femmes ont subi une forme de mutilation sexuelle dans le monde. Parmi elles 44 millions sont âgées de moins de 15 ans et plus de la moitié vivent dans seulement trois pays : l’Indonésie, l’Egypte et l’Ethiopie. En France, l’INED estime que 53 000 femmes adultes seraient excisées. [1]

La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, dite Convention d’Istanbul, en vigueur en France depuis le 1er novembre 2014, condamne ces mutilations comme étant une “violation grave des droits humains des femmes et des filles” et affirme que « la culture, la coutume, la religion, la tradition ou le prétendu “honneur” ne peuvent être considérés comme justifiant des actes de violences ».

La France est engagée dans la lutte contre ces mutilations (MSF) à travers une politique publique active, inscrite  dans le 5e plan de lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes (2017-2019). Cette politique s’articule autour de la prise en charge des femmes victimes, de la pénalisation des responsables et de la prévention des risques.

 

Pour ce qui concerne la prise en charge des femmes victimes et la prévention des risques

Le Gouvernement a renforcé ses dispositifs de sensibilisation et de formation, en publiant notamment une nouvelle version du guide de formation des professionnels de santé  afin d’améliorer le repérage, la prise en charge et l’accompagnement des femmes menacées ou victimes de mutilations sexuelles.  Un dépliant, édité en français et en anglais, permet l’information des femmes victimes ou en danger de mutilations sexuelles. L’ensemble de ces outils est disponible sur https://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/mutilations-sexuelles-feminines.html

 

Pour ce qui concerne la pénalisation des responsables :

L’auteur d’une mutilation et le responsable de l’enfant mutilé peuvent être poursuivis pour des violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente qui sont punies de 10 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende (Article 222-9 du code pénal).

L’auteur d’une mutilation commise à l’étranger, qu’il soit français ou étranger, peut être poursuivi en France si la victime est de nationalité française ou réside habituellement en France

 

En Mayenne, une convention pour la lutte contre les mutilations sexuelles féminines, pilotée par l’ADAVIP 53, est déclinée depuis 2012. Associant la préfecture, la ville de Laval, le Conseil départemental, l’Ordre des médecins et l’association Gynécologie sans Frontières, la convention de partenariat prévoit la formation des professionnels de santé ainsi que la sensibilisation des populations concernées, à travers des échanges avec les femmes originaires de pays qui pratiquent l’excision.

A l’occasion de la journée internationale de tolérance zéro face aux mutilations sexuelles féminines,  l’association Femmes solidaires 53 organise une soirée-débat. Le film « Noces » sera projeté le jeudi 7 février 2019, à 19h30 au Cinéville de Laval (tarif 5 €). Réalisé par Stephan Streker, il aborde la question des mariages forcés.

Affiche ciné-débat Noces

Affiche ciné-débat Noces

[1] Source : La lettre de l’observatoire national des violences faites aux femmes n°11 – Février 2017